Le leurre de la communication

Professionnel-personnel

Le leurre de la communication

Un grand nombre des techniques que j’ai utilisées pour que mes étudiants comprennent ce que je voulais leur apprendre nous ont fait perdre un temps précieux.

J’avais pourtant lu des livres, assisté à des réunions, étudié les grands pédagogues, peaufiné des outils respectueux de l’autre.

J’avais beau écouter mes étudiants pour essayer de répondre à leurs attentes, j’étais pris dans les mailles terroristes des grands Yaqu’à de la communication, de l’informatique et de la comptabilité. Tous ces trucs qui donnent de l’importance à qui en manque.

Pendant ce temps, je ne répondais plus aux besoins humains de la formation, simplement parce que j’utilisais des leurres pour être conforme. Cela dit, ils m’ont surtout leurré sur mes propres intentions, un certain temps…

Lorsque j’ai compris que je me faisais violence et que personne, hormis les grands Yaqu’à, n’avait à y gagner, le sentiment de lassitude s’est arrêté.

Concrètement, il fallait lâcher prise avec des règles qui n’existaient que dans la culture d’entreprise et n’avaient rien à voir avec des besoins vivants. La même chose se produit pour tous les primates dotés d’une âme.

Tant que nous voulons nous convaincre, pendant que nous n’entendons ni ne cherchons plus, nous sommes dans une adaptation à des situations inhumaines.

La communication interne comme vivier culturel est une fumisterie. Loin de porter des valeurs au cœur de l’entreprise, elle ronge la pomme jusqu’au trognon. Le management participatif est mort depuis 20 ans !

Si le monde des affaires est un monde intéressé, au bon sens du terme, il est peu sensible à la défense de l’idéal. Or, la communication en tant que démontrant à l’extérieur ce que l’on sait faire à l’intérieur, en est un.

Il est des pratiques qui s’installent au gré des besoins de quelques uns, puis se transforment en une pression insupportable. Que penser de cette petite entreprise qui se gonfle en affichant 19 fois son sigle, rien que sur la première page de son site Internet ? Et tout à l’avenant, sur des dizaines d’autres feuillets truffés d’erreurs de syntaxe.

Le grand art

Erigée en culte, voire en art, la communication des grands Yaqu’à prétend faire la société de demain. De fait, elle ne permet pas de changer les rapports entre les hommes, encore moins de rétablir des égalités.

Le comble est de retrouver les grands Yaqu’à sur des niaiseries comme JDN ou Copainsd’avant.

La communication a son utilité, évidement, mais aucun plan ne marchera s’il n’est d’abord question de contenu.

TICE : potion magique

Les technologies de l’information, de la communication et de l’enseignement, prétendent s’inscrire dans un développement durable. Elles n’y parviendront que si elles donnent des informations. Les grands Yaqu’à devront d’abord résoudre leurs problèmes d’analphabétisme ou d’infrastructure pour être efficaces.

Si Internet est un formidable outil à bien des égards, le problème est de trouver des moyens philosophiques pour ne pas en faire un monde irresponsable. Pas de liberté sans responsabilité. Et de voir, par exemple, la flopée de sites qui se dispensent des mentions légales.

Ce n’est pas parce que nous n’arrivons pas à l’idéal qu’il faut le dénier.

Quand notre intention est claire, avons-nous réellement besoin des Yaqu’à pour la réaliser ?

Le reste se fait tout seul. Encore faut-il en décider.

Le 23/10/2011 dans DEVELOPPEMENT