Des robots, des âmes et des Ocres : 6/16
romanTrovel
Trovel et sa région avaient une bien curieuse histoire. Un jour qu’un aventurier inconnu sillonnait cette contrée sauvage, il ramassa au fond de son gobelet des petites pierres noires. Il les mit machinalement dans sa poche et, de retour à Sisteroùn quelques mois plus tard, il les redécouvrit par hasard. Une fois ouvertes, les pierres libérèrent une lumière jaunâtre qui s’écoula dans sa main, révélant des bulles d’or sous une mince couche de sucre. Il pensa immédiatement :
Des raisins d’hiver !
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La croissance urbaine de Trovel s’était organisée systématiquement à partir de deux modes d’occupation de l’espace. L’un était planifié, l’autre était illicite (...)
En réalité, deux villes coexistaient dans un dédale malsain. L’une était déterminée par les prescriptions des documents de l’urbanisme officiel édicté par le Haut conseil de la ville, l’autre (illicite) procédait de la nécessité des néo-citadins à se loger.
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Mais Trovel était aussi la ville d’un consentement. Si l’on remontait aux motivations originelles du Central, l’attraction de la ville reproduisait les mêmes mobiles que les mafias du XX° siècle dans les pays du Tiers-monde. Trovel était un élément attractif même si, en réalité, le mouvement démographique venait plus essentiellement d’une crise sociale des campagnes que de la lumière jaunâtre des raisins d’hiver.
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Autrefois, chaque maison abritait une famille. La location était possible, le maintien du bon voisinage primait, le contrat était écrit. Par la suite, si l’on en croit les récits des turluttes, le contrat était devenu oral. Intégré par l’intermédiaire des voisins, le nouvel arrivant trouvait là une base de sociabilité qui permettait au Central de passer de l’espace familial à l’espace des orgueils et des supercheries.
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Le secteur public était concerné, lui aussi. Nombre de bâtiments publics étaient construits sur des terres agricoles considérées par la réglementation comme strictement interdites à la construction. La zone d’activité du Central était à cet égard un fleuron du genre. Situé dans un quartier périphérique, là où des rapeurs se vautraient dans la contre production artistique, l’établissement était réputé pour ses techniques de pointe. Celles-ci témoignaient d’un changement radical des rapports de l’humain avec son environnement. Face à l’ampleur des dessous de table, le Haut conseil de la ville avait très rapidement laissé faire l’ambiguïté.
Le 14/03/2009 dans ROMANS
