Des robots, des âmes et des Ocres : 5/16
romanLes futaies du Thaur
C’était la fin du mois de mars, le cinquième jour de ses investigations. Au pied de la falaise qui coupait net le versant Ouest de la Baume, John Park n’était guère loquace.
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La première information qui l’assaillit fut olfactive : une ignoble odeur de cadavre, mêlée à celle d’un conservateur au formol et à de la lavande fermentée. La vapeur de ces infimes particules pénétra ses fosses nasales pour remonter jusqu’à l’apex. Là, quatorze millions de petits cadres récepteurs analysèrent l’odeur pour la transformer en signaux qui fonçaient vers le bulbe olfactif, puis vers l’hippocampe.
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Seule l’utilisation d’une lumière ultraviolette aurait permis de découvrir des inscriptions s’il y en avait eu quelque part. Mais dans ces lieux, la couleur bleutée, mélangée à l’odeur, aurait indisposé John Park. L’insupportable chaleur le fit rapidement remonter à la surface.
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A cent cinquante mètres de là il se remit à creuser, à creuser encore, pour découvrir qu’il y avait là trois cadavres de bonne taille : des adultes. Ils avaient des os très solides, sans doute parce qu’ils avaient longuement couru sans fin ni but et que leur alimentation fut bonne.
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Trois robots pouvaient tenir un secret à condition que deux d’entre eux fussent morts. Sous la domination tyrannique de machines au cœur de pierre, des humains dignes de confiance avaient dû vivre ici dans un monde cruel et tourmenté. Et puis il y avait l’autre : la chieuse. Elle s’était remise à l’affût dans les futaies du Thaur, avec ses jumelles, et elle s’énervait en sautillant sur place comme une vraie furie. L’une après l’autre, ses Alliances l’avaient plaquée. Oh ce n’était pas l’élite, bien entendu ! juste de vagues déferlants qui faisaient leur écume sur de la fesse. La chieuse n’aurait pas pu se contenter de plumitifs qui discutaient ferme de la fusion qui avait eu lieu dans la région, entre des humains et des robots.
Le 16/03/2009 dans ROMANS
