Des robots, des âmes et des Ocres : 10/16
romanTrafic d’organes
Des cadavres privés de leur cerveau étaient de plus en plus fréquemment ramenés depuis des champs de raisins, quand ils n’étaient pas abandonnés sur le bord des routes comme des ordures. Des corps étaient ligotés comme du bétail, pieds et poings liés, enterrés sur place sans enquête ni autopsie.
Les accusations concernaient en particulier un homme d’origine inconnue, au passé obscur et au présent suspect. Après un court séjour à Copenhague, il s’était installé dans le nord du pays. D’abord à Sainte-Gloire-du-Fion, puis à Trovel. Là, quelques faibles tremblaient à l’annonce de son retour magistral.
Un témoin affirmait que des notables faisaient partie de ses relations, tout comme certains fonctionnaires municipaux. Selon la rumeur, une partie de la traite était noyautée par quelques dirigeants de grandes Maisons de distribution de raisins. Tout ces individus fortement soupçonnés pouvaient s’asseoir à une même table sur la Place centrale. Ils avaient pignon sur rue en plein centre ville, toujours selon la rumeur.
[…]
Le ministère de l’intérieur semblait bien au courant de l’affaire mais il niait l’existence même des faits. Les politiciens n’étant pas tenus pour responsables de leurs actes, les morts n’étant pas électeurs, le total des votes ne s’en trouvant pas affecté, il pouvait bien y avoir quelques dégâts par démocratie.
[…]
Dans un monde moins taré, c’eut été un scandale que les seuls qui ne bénéficiaient pas de leur implication dans les transplantations d’organes fussent les donneurs eux-mêmes. De toute manière, on ne pouvait pas savoir ce qu’en pensaient ceux qui avaient perdu la tête.
Le 10/03/2009 dans ROMANS
