Benoît Léger
peinture
Un hiatus avec l’art
ou la quête de l’improbable
- un arrière-grand-père qui peint des bouquets de fleurs, homme reconnu par ailleurs pour ses toiles immortalisant les bords de Meuse
- un père, féru de peinture et de sculpture, qui écume à loisirs les salles de vente et les marchés aux puces
- une sœur cadette qui se met à peindre à l’âge de 14 ans ;
Je ne pouvais me lancer dans cette improbable quête qu’avec un indicible plaisir.
Mes premières valses-hésitations me conduisent à reproduire quelques œuvres de maîtres. Puis viennent les esquisses au fusain, plus intimes ou totalement confidentielles.
Parfois, amplifiée par les arpèges que j’aligne sur ma guitare à temps perdu, la contemplation à son comble me pousse à plonger le pinceau dans les pigments naturels de la couleur et du son. Quelque chose de magique me propulse dans l’univers des Ocres, dans l’harmonie du geste et de l’âme, dans une extase artistique où tout semble comme une évidence que je voudrais infinie. L’inspiration me vient comme le rêve arrive dans le sommeil.
Combien de mes dernières touches de pinceau auront annihilé, à la dernière seconde, une toile pourtant appréciée par mes amis ! En irait-il ainsi de toute discipline, de toute volonté ? Quelle qu’en soit la forme, je pressens que l’art rend l’homme plus grand et l’artiste plus petit. Voilà l’humble hiatus que j’entretiens avec lui.
Ai-je besoin de peindre ? Oui, pour retrouver la trame de mon âme dans le grain de la toile !
Des perspectives
A la poupe de mon voilier, je suis maître de mon destin. C’est du moins ce que m’inspire l’étrave lorsqu’elle fend les vagues phosphorescentes que je vois se refermer derrière moi, dans un sillage qui s’apaise en guise de conclusion. Ephémère finitude car, comme Pénélope, il faut aussitôt retisser sur le métier. Qu’un sentiment s’emballe, et l’équilibre s’en trouve rompu.
Dans l’univers des Ocres, perçoit-on ces moments plus intensément ? J’en ai la vague intuition.
Copyright Jacques Mantz
Crédits Benoît Léger

