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Claude Bonnot 1/2

cheval

Après avoir enseigné les mathématiques en France, puis au Gabon, Claude Bonnot renonce aux apparences du vrai faux bois massif du catalogue de la Camif. En 1980, il se forme à l’ébénisterie et développe ses talents dans les domaines de la sculpture et de la peinture.

Écriture

Claude Bonnot célèbre la grande randonnée équestre avec Gamino, son cheval et coauteur.

De leurs pérégrinations sur les chemins de Vézelay et de St Jacques de Compostelle sont nés deux livres :

  • Tome zéro (août 2007)
  • Tome de sa voie (octobre 2008)

La chevauchée de Claude Bonnot est une exploration profonde de l’univers des Ocres. Le récit est teinté de cet humour particulier dont seul est capable un homme conscient d’être la plus belle conquête de son cheval.

Loin des robots sans âme, ce pèlerin des temps modernes nous livre à profusion des enseignements dont le guide principal est la confiance : celle de l’instant, celle du lendemain, celle des Ocres, selle de cheval.

Aventure

En février 2009, Claude Bonnot poursuit son aventure dans le désert du Sahara, au contact des Touaregs. Artiste multiforme animé par une irrésistible envie d’authenticité, il compte bien nous faire connaître l’émotion profonde qui naît de ses rencontres avec la nature et avec les êtres. Un troisième livre naîtra de ce voyage agrémenté d’illustrations et de poésies.

C’est avec grand plaisir que j’invite Claude dans l’univers des Ocres parce qu’il sait faire parler les chevaux.

Copyright Jacques Mantz
Crédits Claude Bonnot

Visiter le site de Claude

 
 
Le 01/07/2009 dans REPORTAGES

Claude Bonnot : 2/2

cheval

Photos du désert

En février 2009, il va chercher dans le désert les récits d’aventures qui peupleront son prochain livre. L’homme a momentanément troqué le cheval contre le chameau.

Merci, Claude, de nous faire profiter en avant-première de ces photos sublimes.

 
 
Le 30/06/2009 dans REPORTAGES

Gilles Fortier

cheval

1985 - 1995

Il débute dans le monde du spectacle équestre à Saint-Fargeau (Yonne) lors d’un son et lumière historique. On le voit ensuite au château de Chambord.

Vainqueur du championnat d’Europe de Chevalerie à la Villette, il y gagne un superbe poulain Frison : Jehan sera son premier cheval de spectacle, la vedette de son écurie.

1996

Il présente Razorback au festival Equestria : un numéro époustouflant, mélange de feu, de poursuites et de cascades.
Maurice Galle, metteur en scène de la Nuit des Créations, est séduit.
La même année, Gilles Fortier est engagé pour la feria de Béziers et pour le salon du cheval à Auxerre.

1998

Maurice Galle lui propose de travailler sur Métamorphose, une création aux arènes de Nîmes. Il est entouré de Brigitte Bonnot, de Sylvie Corellou et du Théâtre du Centaure.
Puis il présente son spectacle sur la Piste des Créations à Tarbes, où il évolue avec ses chevaux Jehan et Aresio.
On le revoit en ouverture du festival Equestria aux côtés du Théâtre du Centaure, dans Karma.
1998 se termine à Vérone, pour Fieracavalli, l’un des plus grands salons du cheval en Europe. Sa carrière et ses talents d’artiste équestre sont confirmés.

1999

De nouveau au festival Equestria, il présente Böga : un mélange de feu, de musiques inhabituelles et de danses originales. Cette formidable création ne sera présentée qu’une seule fois.
L’année se poursuit avec des spectacles au château de Lurcy Lévy (Nièvre), à l’Abbaye des Vaux de Cernay à Bourges, et d’autres représentations en région Centre.

En 2000, Gilles Fortier crée le spectacle son et lumière Börte Tchino, qu’il met au point dans le cadre magnifique du château de Genos (Vallée du Louron).

La saison 2001 débute par Cheval Passion en Avignon, avec Chaman, un nouveau numéro qui le propulse aux Crinières d’Or l’année suivante. Une fois de plus, la pièce est unique : le cheval est accompagné d’une danseuse, la mise en scène est sublime.

C’est avec plaisir que je consacre un article à cet artiste équestre. Sur son site, n’hésitez pas à vous inscrire dans l’espace vidéo, le son est tout simplement excellent !

Copyright Jacques Mantz
avec l’aimable autorisation de Gilles Fortier

Visiter le site de Gilles Fortier

 
 
Le 28/06/2009 dans REPORTAGES

Des robots, des âmes et des Ocres

roman , cheval

Introduction 2/2

Un jour qu’il examinait les chiffres du Central, l’Autorité se rendit compte qu’un service n’était plus aussi pertinent que prévu. Le service des Prélèvements prélevait à son profit quelque chose qui ne pouvait qu’avilir les humains au profit des robots. L’Autorité fit appel à Edith Consult pour qu’elle s’adonnât aux joies de l’audit et qu’elle préconisât des solutions.

Après que Cléodrake eut rencontré John Park, par le plus grand des hasards, elle diminua rapidement le rythme de ses rentabilités et commença par se plaindre de tout ce feu qui lui était dorénavant proposé.

Dans cette histoire partie d’un fait divers en été, John Park éprouva très vite le besoin de comprendre pour agir, chose que Cléodrake considérait comme ridiculement inutile. D’autant que John Park ne semblait comprendre que le langage des Ocres.

La présence des Ocres, dans ce roman, démontre que les robots tendent irrémédiablement à devenir des parasites puisque, les Ocres le savent bien, les robots ne servent à rien.

Llorca Shewan n’aurait pas fait semblant de vous parler de vous s’il n’avait fait exprès de vous parler de lui, à moins que ce ne fût l’inverse.

Cliquer ici pour offrir le roman


320 pages

Dépôt légal mai 2007
Crédit couverture Carole Glé
Copyright Jacques Mantz

 
 
 
 
Le 24/03/2009 dans ROMANS

Des robots, des âmes et des Ocres : 2/16

roman , cheval

Tanguisimo

Immobile, la jambe gauche formait une barrière souple, un peu en avant de la sangle. La jambe droite, en sollicitation légère, lissait le flanc d’arrière en avant comme l’aurait fait une plume.

John Park dansait avec Uprillon.

Les doigts de la main gauche, ouverts sur des rennes doubles, formaient une invitation à l’engagement tandis que la fermeté tranquille de la main droite, au beau fixe près du garrot, soutenait la direction dans une récompense permanente. L’encolure détendue et parfaitement placée, le chanfrein à l’exacte verticale, le cheval à la robe noire et soyeuse arborait une étoile de taille moyenne en tête. Des balzanes haut-chaussées sur les antérieurs amplifiaient l’effet chorégraphique de ses appuyers.

L’arrière-main propulsait le duo dans un mouvement coulé, pendant que l’avant-main aux épaules obliques transformait l’ensemble en un art gracieux, élevé au rang de l’entente absolue. Le doux regard d’Uprillon était celui d’un être au tempérament forgé dans l’acier (…)

John Park conduisit sa monture jusqu’à hauteur du poteau de bois qui marquait l’entrée de la carrière. Il s’y arrêta et y suspendit sa veste de velours ocre, laissant apparaître une ample chemise de drap blanc rehaussée d’une passementerie qui lui couvrait les épaules. Le soleil avait fait son apparition depuis plus d’une heure et se trouvait déjà haut sur l’horizon. Les senteurs du matin, mêlées à la rosée, faisaient place à la douce chaleur de juin lorsque, d’un coup de rein, Uprillon se remit en mouvement comme par impatience.

A l’esthétique apparente s’ajoutaient l’âme, l’intervalle et le rythme. Le bruit feutré que produisait l’impact des pieds d’Uprillon sur la poudre sablonneuse, le souffle régulier de l’air exhalé par les naseaux, le cliquetis régulier de la gourmette du mors de bride, tout emportait le duo dans l’infinie diagonale d’un tango argentin. Uprillon aimait tant ce pas de deux que, souvent, il l’exécutait seul dans son pré, lorsque John Park venait à sa rencontre. Autour d’eux régnait alors un silence que même le vent dans les ailes de Millie, un milan royal en vol plané, n’aurait osé perturber.

Pourtant, ce matin quelque chose d’étrange troublait l’atmosphère. Le cheval et l’oiseau semblaient avoir flairé une présence. Le premier paraissait aux aguets chaque fois qu’il faisait face aux roseaux qui bordaient la rivière, le second donnait l’impression de resserrer ses évolutions concentriques au-dessus d’un point que représentait ce même bosquet de roseaux. Un chiot se mit à japper dans les écuries.

Uprillon pouvait être ombrageux. De temps à autre, un événement aussi insignifiant qu’inattendu pouvait l’effrayer. Sa Majesté partait alors dans un drôle de galop. Des figures hautement stylisées semblaient inscrites dans ses gènes. A sa naissance, le poulain avait une robe claire qui s’était assombrie avec l’âge, de la même manière que l’élégance du mouvement s’était éclaircie avec l’attention minutieuse que lui portait John Park.

Rassemblé à son optimum, Uprillon joua la dernière mesure tanguisimo, avec un brin de nostalgie. Le menton haut, le buste en arrière, John Park venait de conclure la danse par un reculer suivi de deux pas en avant. Il avait fixé son partenaire dans une posture légèrement cambrée. Les oreilles pointues étaient droites et disponibles, la main s’était rendue sur des rennes longues. Le cavalier prit la direction du corps de ferme.

John Park mit pied à terre et débarrassa les cuirs. Sur les pavés lisses de la cour intérieure, Uprillon s’ébroua si joyeusement qu’il en perdit presque l’équilibre. Puis il baissa l’encolure à droite, pour se frotter les salières sur la jambe tendue. John Park lui fit des chatouilles derrière les oreilles, là où la têtière laissait une trace encore tiède. Ceci avait toujours pour effet de déclencher le sourire d’Uprillon dont la lèvre supérieure découvrait ses incisives.

Près de la rivière en contrebas, dans la horde réunie en cercle, les chevaux reposés étaient impatients de trotter avec l’étalon qui s’en revenait au grand galop, libre parmi les siens. John Park observa le ciel immaculé. Dans un piqué frénétique, Millie s’en était retourné couver.

Aucune journée sur la terre ne pouvait mieux commencer que celle qui s’ouvrait par un tango en dentelle, alternant passages et appuyers de haute école. L’estafilade sur la joue gauche de John Park ne serait bientôt plus qu’une ombre, un mauvais souvenir.

 
 
Le 19/03/2009 dans ROMANS

Carmen Lhô chez les Ocres : extrait 16/19

roman , cheval

Cupidon

[…]
En baissant le regard, il s’aperçu que les sabots de l’étalon laissaient discrètement apparaître quatre trous en pince et quatre autres traces en quartier. C’était beaucoup trop pour un ferrage normal. En grattant la paroi avec une aiguille de pin parasol, il s’avéra que les trous plus larges qu’à l’habitude avaient été colmatés avec une fine sciure de bois mélangée à de l’huile épaisse. Le cheval avait été délesté d’un poids considérable depuis quatre jours tout au plus. Pendant l’examen, Quentin sentait dans son dos l’agréable souffle chaud que l’animal exhalait par les naseaux. Celui-ci était resté calme jusqu’au moment où Quentin entreprit de dégager la fourchette de l’antérieur gauche. Malgré un refus violent de l’étalon, Quentin eut le temps d’une nouvelle vision. Sous la corne anormalement fine il aperçu une main. Entre ses propres doigts il ressentit l’étrange impression d’avoir déjà tenu cette main dans les siennes en d’autres temps. Décidément, quelque chose ne tournait pas rond.

Quoique la scène se passât en plein midi, Quentin se saisit d’une lampe torche. Après avoir guidé Cupidon sous le feuillage ombragé d’un bouleau, il entreprit d’examiner ses yeux en prenant garde de l’aborder par le flanc pour ne pas l’effaroucher. A l’ombre, la pupille du meilleur ami de l’homme s’était dilatée, le faisceau de la lampe plongé dans les globes oculaires la ferait se rétracter.

Il n’en fut rien. Contre toute logique de la plus élémentaire des règles de l’anatomie, Cupidon dilata ses pupilles si grandement que Quentin pu voir dans son regard la chose la plus inattendue qui fut. Au fond de l’œil il y avait un autre œil. Un œil d’une infinie douceur quoiqu’il ne fût ni animal ni humain, une pierre ronde qui livrait l’émeraude en son centre et qui disait :

Attends !

Quentin n’aurait pas contredit un ange mais attendre, attendre, toujours attendre ! N’y avait-il pas d’autre vocabulaire dans un monde qui communiquait par fibres optiques et mondialisait son économie ?

Raté ! Les robots ne réagissaient que lorsque les décibels dépassaient leurs limites, il leur fallait des fumigènes, des lasers, des images projetées en grand. Alors un ange qui murmurait, ça passait inaperçu. D’ailleurs l’œil avait dit :

A temps !

C’était bien là que se trouvait le véritable trésor des Ocres : à temps !

 
 
Le 13/12/2008 dans ROMANS