Tag : bossa nova
LA PREUVE PAR DES REALISATIONS
guitare , discographie , bossa novaCOULEUR OCRE est un hommage aux compositeurs du Brésil et de l’Argentine
Seule l’expression permet au processus de continuer. Il n’y a pas de pensée sans élaboration par des signes : ils permettent de faire la paix, de comprendre à quel point tout cela nous ressemble !
Cliquer ici pour offrir l’album
S’abonner à ma Lettre d’information
Discographie
guitare , discographie , bossa novaFaut qu’ça sonne
Enregistré à Saint Etienne en 1997, dans les studios de Christian Romaric, c’est mon premier CD.
Drive in - Mister Lucky Rich - J. Hubbard
Felicidade Antonio Carlos Jobim - Vinicius de Moraes
Blue Angel Lima
Frevinho Chiquinho Timoteo
Regra Tres Toquinho - Vinicius de Moraes
Capricho Arabe Francisco Tarrega
Aire de Milonga Jorge Cardoso
Tango Bartolome Calatuyud
You would be so nice to come home to Cole Porter
Fontaine de Curel
Ce CD réalisé en 1998 retrace l’atmosphère d’un petit village de Haute-Provence. Les premières compositions apparaissent comme un tendre hommage à la vallée du Jabron.
Fontaine de Curel Jacques Mantz
O Barquinho Chiquinho Timoteo
Choro Pra Jany José Barrense Dias
Pro Mano Bell Chiquinho Timoteo
Barbecue Jacques Mantz
Valsa Sem Nome Baden Powell – Vinicius de Moraes
Memphis Blues WC. Handy
Au vieux village Jacques Mantz
Maquina de Costura Chiquinho Timoteo
Corcovado Antonio Carlos Jobim
Sentimentos Se Voce Pergunta Nunca Vai Saber Baden Powell
Studio C. Fernandez à Saint Etienne
Diffusion Radio Pythagore et Radio Firminy
Bossa nova & autre guitare
Enregistré avec Jean-Marcel Pallarino aux percussions. Ce CD rappelle que l’an 2000 fut le 500ème anniversaire de la découverte du Brésil et le 40ème de la naissance de la Bossa Nova. S’en suivront des prestations publiques avec la percussionniste dresdoise Anke Haüssler.
Chanson d’hiver Baden Powell
Morena flor Toquinho - Vinicius de Moraes
Duas contas Garoto
Escravo da alegria Toquinho - Vinicius de Moraes
No colo da serra Toquinho - Vinicius de Moraes
Samba da volta Toquinho
Samba de orly Toquinho - Chico Buarque
Tarde em itapua Toquinho - Vinicius de Moraes
Samba em preludio Baden Powell - Vinicius de Moraes
Retrato brasileiro Baden Powell
Sao demais os perigos desta vida Toquinho & Vinicius de Moraes
Choro chorado Toquinho - Vinicius de Moraes - Paulinho Nogueira
Livia Jacques Mantz
Danse l’ombre Jacques Mantz
Studio Muance à Eourres
Diffusion Fréquence Mistral en PACA
Bossa nova
bossa novaVoici un pot pourri assez représentatif de la période Bossa nova :
Zélia Duncan
bossa nova
Je vous livre bien volontiers Zelia Duncan avec cette vidéo :
Zélia Duncan
bossa nova
Les intégristes de la musique populaire du Brésil n’y trouveront pas à redire :
Frédérique Bajart
bossa nova
A l’approche de la quarantaine, Frédérique abandonne le métier de la production photographique.
Immortaliser des clichés publicitaires l’aura certes passionnée un temps, mais sa créativité demande à s’émanciper, à s’exposer dans une autre dimension.
Au hasard d’une séquence photographique réalisée pour un musicien de jazz, elle fredonne spontanément quelques airs habituellement réservés au public de sa salle de bains.
L’artiste la regarde, l’entend, l’écoute... et patatras !
Les dispositions de la Belle pour l’interprétation de la Musique populaire brésilienne se révèlent comme un conte des Mille et une nuits. Le grain de cette voix séduit dès la première note. Chaleureuse et directe, Frédérique nous envoûte et nous plonge dans l’infini bleu des Ocres en mouvement.
Sur le tard, dit-elle. (Je confirme : 36 ans est une damnation pour une fille canonique !)
Rapidement invitée au Petit Journal et au Relais Plaza, elle enchaîne les rencontres et enregistre son premier album en 2009 avec JAZZ VELOURS
EXTRAITS
LIENS
Musique populaire brésilienne
bossa novaPuisque manifestement vous avez aimé la vidéo de Zélia Duncan, voici d’autres perles :
Les puristes s’y retrouveront
Bonne écoute !
L’histoire de la Bossa nova
bossa novaDes croque-morts pour la Canne à sucre
L’expansion économique du Brésil aura pour principal moteur la canne à sucre. En quelques années, les bateaux des négriers vont cingler régulièrement depuis les côtes d’Afrique jusqu’au port de Bahia.
On oublie pourtant trop souvent que le plus grand mal qui frappe alors les Africains n’a rien à voir avec la douleur physique. A peine parvenus au terme de leur voyage, ils commencent à souffrir d’une peine inexplicable pour des négriers persuadés que les Noirs n’ont pas d’âme et, donc, pas d’état d’âme : l’esclave souffre de banzo. Le banzo est à lui seul responsable de plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de morts. Le banzo, tout comme la saudade brésilienne ou le blues nord-américain, ne connaît pas de traduction satisfaisante. En Europe on pourrait qualifier cet état d’esprit de mélancolie, de langueur, de tristesse. Mais le banzo et la saudade recouvrent bien plus que cela. Ils désignent un état d’âme fait de nostalgie où se mêlent une infinité d’autres sentiments. C’est une espèce de mal-être doux-amer, toujours en équilibre entre plusieurs sensations situées à l’opposé de la passion.
La vague déferlante
Les années soixante marquent l’avènement d’une musique nouvelle, délicatement ciselée : La Bossa Nova entreprend une carrière conquérante, au-delà des clivages géographiques ou stylistiques, avant que ses standards ne soient repris par de nombreux jazzmen.
L’amour tendre
Dans les années soixante-dix, le Brésil vit les heures les plus sombres de son histoire. Suite à un putsch militaire musclé, le pays est privé de ses libertés fondamentales. Gilberto Gil, Caetano Veloso, Baden Powell ou Chico Buarque sont frappés d’exil.
Le Brésil se résume alors à quelques disques brillants, signés Baden Powell ou Vinicius de Moraes.
Malgré tout, au-delà de ces dérives – et au même titre que le jazz, le blues ou le rock – la musique populaire brésilienne demeure bien l’une des clés de voûte de la musique internationale. Alors que depuis la naissance du Brésil en 1500, les liens avec l’Europe n’ont jamais cessé de s’intensifier, sa musique pourtant largement appréciée pâtit d’une méconnaissance assez générale qu’il devient urgent de réduire.
Le samba
On aurait tort de croire que le samba - nom masculin qui définit un rythme et non une danse - se limite à une musique festive jouée uniquement durant les trois jours du carnaval. Ses rythmes peuvent être très marqués, presque violents quand l’hystérie collective d’une fête populaire prend le dessus. Ils peuvent aussi être doux et tendres, se promener avec une nostalgie délicatement brodée à la lisière de la Bossa Nova.
Il faut bien l’avouer, le carnaval de Rio n’est plus que la triste ombre de lui-même. Ce carnaval jadis mythique a vendu une grande part de son âme : il ne s’adresse plus au Carioca mais au touriste argenté.
La Bossa Nova
La plus tendre musique du Brésil a connu, entre 1958 et 1964, sept années de pur bonheur, de créations exceptionnelles.
En sept ans, le Brésil s’est plongé avec délices dans un bain de jouvence. Il a balayé d’un sourire les chanteurs de radio et les crooneurs, il s’est baigné dans la démocratie, il s’est saoulé d’espoir. Il a réinventé sa musique mais aussi sa poésie, son cinéma, son architecture et sa littérature.
Lorsque les forces militaires s’emparent du pouvoir au Brésil, la Bossa Nova sait qu’elle n’a plus que quelques mois à vivre et c’est une chape de plomb qui s’abat sur le pays. Cette tristesse froide durera près de vingt ans.
C’est dans le chaos toujours propice à la création et à l’émergence de styles artistiques nouveaux que le Brésil accouche d’un mouvement musical complètement révolutionnaire : le Tropicalisme.
Le triomphe du mauvais goût
Négation de la société et de ses valeurs, négation de la morale religieuse, négation de la dictature et de ses crimes, négation de la devise patriotique « Ordre et Progrès » : tous les ingrédients du mouvement tropicaliste sont réunis ici.
A la télévision aussi, le Tropicalisme fait une entrée fracassante. Charinha, présentateur vedette, est apprécié de tout le Brésil grâce à un étrange mélange de populisme, d’humour un peu vulgaire et de paternalisme condescendant.
Vers la fin des années soixante-dix le Brésil s’est débarrassé de ses libres penseurs : il a exilé les artistes de la Bossa Nova, maté les musiciens de la cançao de protesto, exclu définitivement les jeunes chiens fous du Tropicalisme. Seul ou presque, Chico Buarque tente de résister, jouant à cache-cache avec la censure et écrivant des chansons à double sens sous différents pseudonymes.
Aujourd’hui, avec le recul, il est difficile de réécouter les expériences musicales des Tropicalistes sans sursauter : les sons saturés et la créativité sont trop souvent influencés par le rock’n’roll nord-américain.
La belle amante
Depuis les couplets courtois des modinhas de Domingos Calds Barbosa et ses lundus coquins jusqu’à la tendre et sensuelle Bossa Nova, l’histoire de la musique populaire brésilienne et une histoire d’amour, d’amitié et de plaisir. Douce ou violente, envahie de saudade ou explosant de joie et déchaînée, comme un samba de carnaval, elle est la musique amie, la confidente, la consolante, la belle amante lointaine. Elle ne demande qu’à être écoutée.
Donne moi la main camarade
Toi qui viens d’un pays où les hommes sont beaux
Serre moi la main camarade
J’ai cinq doigts moi aussi, on peut se croire égaux
Claude Nougaro
Pour en savoir plus sur la Bossa Nova, avec une foultitude de détails, je vous recommande les ouvrages dont je me suis inspiré. Jean-Paul Delfino : Brasil a musica, Parenthèses 1998 / Brasil Bossa Nova, Edisud 1988.
Baden Powell de Aquino 1/2
bossa novaHommage
Je veux rendre ici un hommage à Baden Powell de Aquino*, guitariste génial du Brésil. Celui qui a charmé l’Europe des années 70, celui qui, avec Vinicius de Moraes*, a formé le duo le plus poétiquement pur et le plus prolixe de la Bossa nova.
A la fin des années 70, atteint d’une longue maladie, Baden Powell de Aquino se fait discret au point de ne laisser planer sur lui qu’un épais silence. Avec le temps, son public s’attend à ne plus recevoir qu’une seule nouvelle : celle de sa disparition.
En février 1999, je viens tout juste d’enregistrer Bossa Nova & autre guitare, avec des arrangements de 3 titres de Baden Powell de Aquino (Chanson d’hiver, Samba em preludio et Retrato brasileiro), qui s’ajoutent à mes enregistrements précédents. Et voilà que Baden Powell de Aquino réapparaît à la surprise générale pour une brève tournée en Europe, alors même que l’Occident se prépare à célébrer le 500 ème anniversaire de la découverte du Brésil ! Qu’y a-t-il dans la tête de Baden Powell de Aquino à ce moment ? Nul ne le saura jamais. Par contre, je peux vous dire ce qu’il y a dans la mienne : la décision de lui rendre un hommage inconditionnel.
J’apprends donc incidemment que Baden Powell de Aquino donnera un concert à Marseille en mai de la même année. A ce moment là, j’habite à Sisteron, autant dire à un jet de pierre. Ni une ni deux, je vois là une opportunité d’offrir mon CD à Baden, de la main à la main, en remerciement pour ses contributions à la guitare. Et puis, pour tout dire, j’ai un drôle de pressentiment qui me fait croire que c’est la dernière occasion de le voir et qu’il faut la saisir maintenant.
Je saute sur mon téléphone pour réserver une place. Tout est pris. J’insiste, la Dame fléchit, je décroche une place juste à côté d’elle, aux manettes des éclairagistes. Dernier gradin, vue plongeante, pile poil en face de l’artiste, ça me va comme un gant, je jubile.
Marseille - mai 1999 : l’adieu
J’arrive à Marseille à 15h30. Tant qu’à faire, autant en profiter pour flâner. En mai, fais ce qui te plaît. Je file directement chercher mon billet, je remets le CD à la fille qui se chargera de le transmettre. On taille une bavette, elle retourne au boulot et, moi, je vais musarder au soleil sans quitter ma montre des yeux. Rendez-vous à 21 heures. Je rencontre par hasard Martine et Jean-François. Je suis très content de les revoir, on traîne un peu à la terrasse d’un café.
20 h 30 : devant la salle, sur les hauteurs de la porte d’Aix, le public est déjà là. Je dois dire que ça m’étonne car la ponctualité n’est pas l’apanage du cru, surtout avec ce soleil. Je constate également la présence de nombreux brésiliens dont il faut dire, au passage, que la communauté est fortement représentée en France et tout particulièrement à Marseille, lieu de résidence du consulat du Brésil.
21 h 30 : Baden Powell de Aquino n’est toujours pas là. Les gens sortent de la salle pour prendre un verre ou fumer une clope sur le trottoir. Ambiance détendue.
21 h 45 : le pressentiment bizarre me taraude à nouveau l’esprit. Même si ce doit être la dernière : viens, nom de D... me laisse pas comme ça !
21 h 55 : tout le monde est dehors, à profiter de la tiédeur de ce soir de mai, quand le régisseur annonce que BP vient de téléphoner. Il arrive de Lyon (le concert de la veille). Il est pris dans un bouchon, pas très loin d’ici. Une vingtaine de minutes d’attente encore, tout au plus.
22 h 15 : une voiture s’arrête devant l’entrée principale. Baden Powell de Aquino s’engouffre dans les lieux, suivi par sa compagne, son chauffeur-attaché-de-presse, et par sa guitare. Tout va très vite. Est-ce que personne ne l’a reconnu ou bien serait-ce que chacun serait resté béat devant l’apparition furtive du petit homme géant ? Le public s’empresse de retrouver les fauteuils de velours rouge. Quelques applaudissements en guise d’appel, un silence qui veut dire que cette fois tout le monde est fin prêt, les lumières dans la salle qui baissent jusqu’à s’éteindre, la poursuite qui va chercher du côté cour : Baden Powell de Aquino fait son entrée.
Baden Powell de Aquino 2/2
bossa novaHommage (suite...)
C’est alors qu’il se passe la chose la plus extraordinaire qu’il m’ait été donnée de voir dans une salle de spectacle : le public applaudit. Bon, jusque là, rien que du banal. Le public se lève et applaudit debout. Bon, c’est déjà moins banal de commencer par une standing ovation alors que rien est encore fait. Mieux, l’ovation dure 12 minutes. T’y crois toi ? Et pourtant c’est vrai. Quand ça se calme à un endroit dans la salle, ça repart à un autre. 500 personnes s’accordent à passer ce message à BP : « quoiqu’il advienne, ici et maintenant, merci pour tout ce que tu as fais ». C’est en tout cas mon interprétation et je ne crois pas me tromper sur elle. Si BP avait voulu interrompre l’hommage d’un geste de la main, il l’aurait pu. Mais je crois que l’émotion a rendu ses mains trop lourdes et son cœur si gros que l’intensité explosive du moment devait être partagée. Et toujours ce pressentiment diffus, ressenti par d’autres à en croire leurs yeux humides et les mouchoirs discrètement sortis des sacs à main.
Dans sa vie, Baden Powell de Aquino a beaucoup interprété, dans des répertoires variés mais toujours avec sa touche reconnaissable entre toutes, même lors d’associations impromptues comme avec Stéphane Grappelli, par exemple.
Evidemment, comme Baden Powell de Aquino est arrivé bien tard ce soir, la balance n’est pas faite. Alors il la fait devant nous et, rien que ça, ça vaut son pesant d’or. En trois morceaux la balance est posée, bien assise :
- Voudriez-vous s’il vous plaît mettre un peu plus de reverb ?
- Un peu moins de ceci à gauche… merci
- Un peu plus de cela à droite… merci
… et nous voilà déjà tout entier plongés dans la tête et la guitare de Baden Powell de Aquino lorsqu’il envoie Desvairada, un ruissellement de notes légères comme une rosée.
Au quatrième morceau, la machine est en route. Elle prend les dimensions d’une locomotive que rien ni personne n’arrêtera ce soir, avec un Um abraço no bonfã juste bien placé pour engager la conversation.
Ce que Baden diffuse dans le public c’est le complexe, la sophistication poussée à l’extrême, c’est-à-dire le simple. Le rôle de la guitare se situe au-delà du primordial, elle constitue l’essence même de cette musique. Les notes s’amoncellent dans la salle, il y en plein partout, je n’ose plus bouger par peur de rider l’onde fragile de la surface musicale.
Le résultat : l’intégration parfaite de la guitare dans la matière matière musicale : ce quelque chose qui réveille en nous ce qu’il y a de primitif, d’animal, qui tisse un réseau d’accords pleins et d’accords de rupture d’où naissent des vibrations de haute tension. Une sensation encore plus sensible dans les afro sambas de Baden Powell de Aquino.
Où diable, ce petit homme géant, qu’on avait dit malade, est-il allé chercher l’incroyable énergie qui l’anime ce soir ? Deux heures quinze de concert ! Oui m’sieurs dames ! 2 h 15 effectives, avec une petite pause de 15 minutes au milieu. Et on attend qu’une chose : que ça reprenne ! Et lui, il a l’air d’en vouloir tout autant. Et moi, toujours avec mon pressentiment...
Fin du concert
Le public est parti. Dans le vaste hall d’entrée, nous restons quelques instants chacun dans son coin, avant de partir. Je contemple son vieux visage. Nos regards ne se croiseront pas mais, à voir ses yeux vifs et brillants comme ceux d’un jeune homme heureux, je sais qu’il ne succombera pas au sommeil de l’oubli. Porte d’Aix, une cloche sonne deux coups et je sens la puissance spirituelle du lieu qui m’envahit. Infinie gratitude pour le petit homme géant.
L’album Lembranças sortira en mai 2000, dans une indifférence presque totale. Baden Powell de Aquino décède en septembre de la même année, 14 mois après ce concert de Marseille.
Le grand apport de Baden Powell de Aquino aura été de valoriser la guitare. Avant lui, la guitare était reléguée au rang des instruments quelconques, presque inaudibles. Avec Baden Powell de Aquino, elle prend une place prépondérante car la Bossa nova est guitare et la guitare est Bossa nova. Je parle de la guitare bien sûr, pas de cette chose embouchée de kilowatts qui vomit la distorsion à pédale avec un seul doigt fourré dans le synthétiseur en plastique ! Vous m’avez bien vu, n’est-ce pas ?
Baden Powell de Aquino nous laisse surtout une œuvre très complète de compositions originales. Evidemment, j’avais déjà pas mal étudié l’ensemble mais ce n’est qu’à l’occasion de ce concert à Marseille que j’ai compris ce qui passait vraiment la rampe avec BP : la complicité, l’intimité.
Mon hommage à Baden Powell de Aquino n’est pas fini. J’ai encore quelques belles pièces sur le feu*.
Despedida, Baden
J. Mantz, juin 1999
Mes enregistrements
Retrato brasileiro->
Samba em preludio->
Sentimentos se voce pergunta nunca vai saber->
* Baden Powell de Aquino est né le 6 août 1937 à Rio de Janeiro. Probablement influencé par son père, Lino de Aquino, Baden commence la guitare à 8 ans, guidé par les conseils de son professeur : Meira. Il se révèle comme un surdoué de la guitare et, à 13 ans, il est considéré comme un professionnel confirmé.
* Vinicius de Moraes : né à Rio en 1913, "le poète diplomate", le "blanc le plus noir du Brésil" devient secrétaire de l’ambassade du Brésil à Paris, en 1953. Il réalise également de très nombreux duos avec Toquinho.
* Abraço ne trouve pas de traduction totalement satisfaisante en français. C’est une embrassade sans baiser, un enlacement : "umarmung" dirait-on en allemand. Embrassade à mes bons fans ou, mieux dit, hommage à mon public.
Si la bossa nova était...
bossa novaNara Leao
Une couleur : le bleu
Un fruit : une pomme
Un accord : ceux de O barquinho
Un paysage : Rio avec une cascade
Un titre : O amor, o sorriso e a flor
Affonso de Sant’Anna
Un fruit : un fruit bien tropical, un cajou, mais dans un plat d’argent
Une couleur : le fuchsia
Un paysage : le Corcovado, quelque chose de bien carioca
Un mot : un mot tout simplement ? Paix !
Une femme : morena, morena…
Un poète brésilien : Vinicius de Moraes
Un poète français : Jacques Prévert
Maria Bethania
Une couleur : Turquoise
Un mot : sans hésitation, la grâce
Un alcool : le chopp !
Un paysage : tout ce qui est ici. La mer avec son horizon qui ne se ferme pas, et sa profondeur aussi.
Un sentiment : la tendresse
Caetano Veloso
Une couleur : ce n’est pas une des couleurs fondamentales. C’est une couleur intermédiaire… une couleur pastel.
Un fruit : c’est un fruit brésilien dont le goût est suave. Une mangue.
Un mot : blanc, le mot « blanc »
Une femme : la peau couleur brun clair. Elle serait jeune, belle et calme. Il paraît que ça existe !
Un homme : blanc, les cheveux courts, beau et très peu bavard. Silencieux.
Un accord de guitare : un ré majeur avec une septième majeure et une neuvième. Non, une sixième et une neuvième.
Claude Nougaro
Un fruit : le fruit de la passion. Fruit exotique qui contient le mot passion.
Un sentiment : beau, fort, puissant et vaste
Un paysage : les plages
Un alcool : la cachaça… qu’est-ce que j’ai pu me torcher avec ça !
In Jean-Paul Delfino, Brasil Bossa Nova, Edisud 1988 (extraits)













